Saturday, June 28, 2008

Le budget participatif

Parlons un peu boulot... puisque je suis ici pour ça, et que j'en parle peu pour ne pas ennuyer... Mais cette semaine, j'ai eu la chance de participer à plusieurs rencontres du budget participatif ici à Belo Horizonte, une experience de démocratie délibérative dans les quartiers les plus pauvres et les moins urbanisés qui fait partie des processus que j'étudie ici au Brésil.


Le Brésil est connu pour cette innovation institutionnelle qui date de la fin des années 1980, et peut être en aurez vous entendu parler à cause de l'expérience de Porto Alegre, dans l'État de Rio Grande do Sul où le Partido dos Trabalhadores (le parti de l'actuel président, Lula), a instauré un cycle de participation citoyenne à la définition des priorités d'investissement public, surtout en matière de travaux publics et d'infrastructures (urbanisation des favelas, notamment). C'est ce qu'ils appelaient l'inversion des priorités: plutôt que d'investir en fonction des priorités des technocrates, on allait demander à la population et à la société civile organisée directement quelles étaient les priorités.

Évidemment, ce n'est pas tout le budget de la municipalité qui est soumis à un tel processus participatif: on parle de ressources relativement restreintes, entre 1 et 5% du budget total des municipalités. Et il ne s'agit pas d'une institution participative obligatoire: chaque administration municipale décide de l'implanter ou non, et imagine une forme plus ou moins semblable au modèle de Porto Alegre, selon les cas. Donc peu de municipalités l'ont, et c'est un modèle qui a beaucoup de limites, mais qui est aussi très intéressant d'un point de vue de la participation citoyenne.


Bref, en ce moment, c'est le temps des rencontre subrégionales dans la ville de Belo Horizonte, auxquelles j'assiste autant que possible. C'est très intéressant, je rencontre beaucoup de gens, et avec mon collègue Stefano (un doctorant italien qui est au centre de recherche en même temps que moi) on a des discussions vraiment passionantes (pour nous du moins!). Bref, pour ceux qui s'en inquièteraient, le travail avance!!

Demain matin, direction Recife, où j'ai plusieurs entrevues de planifiées pour cette semaine. Là aussi, ils ont développé un modèle de budget participatif intéressant, que je vais mieux connaître dans les prochaines semaines! Plus de nouvelles à venir donc à partir de là!

Beijos, à bientôt!!
xxx

Wednesday, June 25, 2008

Sao Paulo dans la grisaille de l'hiver...

Sao Paulo, une immense métropole, le coeur économique du Brésil, une ville qui semble s'étendre à perte de vue, dans la désorganisation totale...


Voila où nous sommes allés passer les quelques derniers jours, pour des raisons liées surtout au travail, mais qui nous ont permis de découvrir que l'hiver existe bel et bien au Brésil, et qu'il rend Sao Paulo encore plus grise qu'elle ne l'est déjà avec ses édifices à perte de vue. On a effectivement, sans le vouloir, choisi le premier week-end de froid relativement intense, et surtout de pluie et de gris, pas une once de ciel bleu en 5 jours, c'est pas de chance.

Sao Paulo compte près de 20 millions d'habitants (en comptant la zone métropolitaine, ce qui en fait la plus grande ville d'Amérique du Sud. Une grande ville très cosmopolite, au contraire de Mexico, qui était généralement très homogène, elle est le reflet de toutes les populations qui ont contribué à créer le Brésil actuel: italiens, japonais, portugais, africains, allemands, et tutti quanti. C'est aussi une ville toute en hauteurs, qui compte un nombre impressionnant d'édifices relativement hauts et imposants entourant un centre historique assez mal conservé.

Mais évidemment, il y a aussi des petits quartiers plus sympa, comme Vila Madalena avec ses restos et ses bars sympa ou Vila Mariana, le Parc Ibirapuera, où nous avons passé un après-midi automnal à nous balader et où se trouve l'amphithéâtre à l'architecture surprenante imaginée par Oscar Niemeyer, le célèbre architecte brésilien... Et l'art de la rue, les graffitis, qui égayent la ville, et la rendent beaucoup plus colorée dans sa grisaille. L'art de rue semble en effet trouver une place de choix dans plusieurs coins de la ville, sous la Paulista (l'importante artère centrale de la ville), sur les murets, dans les coins abandonnés, et les artistes y sont par ailleurs particulièrement talentueux. La promenade à travers la ville devient vite un musée d'art alternatif à ciel ouvert, qui rend ses édifices gris un peu moins tristes. Mais évidemment, ceci est aussi entrecoupé de plusieurs tags et autres types de graffitis un peu moins artistiques, il va s'en dire...

Et pour le travail, passer par Sao Paulo était évidemment un incontournable. Quelques entrevues et un séminaire où, en compagnie d'une doctorante américaine, j'ai présenté mes travaux de recherche (en portugais!!) à des collègues du Centro Brasileiro de Analise e Planejamento (CEBRAP) ont donc bien rempli l'agenda du sejour à Sampa...

Voilà! Nous quittons dimanche BH pour se diriger sur Recife, dans le Nordeste, où je ferai des entrevues dans les prochaines semaines, donc les prochaines nouvelles vous viendrons de là, près de la plage!!! En attendant, j'ai ajouté quelques photos dans le nouvel album Sao Paulo!

Até mais gente! Et bonne fête nationale un peu en retard!!!